jeudi 23 mars 2017

Au-delà des montagnes

La jeunesse

Réalisateur : Jia Zhang-ke né en 1970 à Fenyang dans la province du Shanxi, est un cinéaste chinois. 1993 Université de cinéma de Pékin. En 2006, Jia Zhangke obtient le Lion d'or à Venise avec Still Life. Son œuvre témoigne des changements que vit la Chine contemporaine. Prix du scénario au Festival de Cannes 2013 pour A Touch of Sin. Jia Zhang-ke
Pays : Chine France Japon Année :2015
Acteurs : Zhao Tao (Tao) ; Zhang Yi (Zhang Jinsheng son mari) ; Liang Jing-dong (Liangzi, amoureux travaillant dans une mine) ; Dong Zijian (Dollar, le fils) ; Sylvia Chang (enseignante en Australie) Dir. Photo :Yu Lik-wai
Résumé : Dans Telerama on trouve un grand article rendant compte d’un entretien avec le réalisateur, dont des explications sur la signification du titre. Le film se découpe en plusieurs époques distinctes l’une au début de la modernisation de la Chine vers 2000, puis une période où les gadgets électroniques ont déferlé dans la vie quotidienne : 2014, les dancings ont presque remplacé les fêtes traditionnelles. Enfin une période située en 2025. Cet artifice permet de voir les protagonistes à différentes périodes de leur vie et de partir du choix la jeune femme entre deux hommes qui va être déterminant pour elle et les deux autres. La dernière partie traite de ce que devient le jeune Dollar, sans l’éducation de sa mère, loin de la Chine, dans un grand pays anglosaxon, dans l’autre hémisphère… La période de départ se déroule dans une Chine assez traditionnelle, on peut noter et apprécier les couleurs, les transparences et scènes de folklore à l’occasion du nouvel an. Puis un ancien ami revient au pays avec toute l’arrogance d’un nouveau riche… belle voiture rouge jalousie, sentiments douteux. La crise éclate vite entre les trois anciens amis, la jeune femme fait son choix et le laissé pour compte s’éloigne dans une autre ville, une autre mine. Dans la période suivante comme Jean qui rit et Jean qui pleure, on retrouve Tao de retour dans sa ville Fenyang divorcée et sans son fils, son couple est un échec. Lors des funérailles de son père Tao revoit son fils accompagné par avion. Le contact entre eux deux reste très difficile. Dans la période Australienne du fils, Dollar, il n’y a aucune relation téléphonique ou courrier entre la mère et le fils, le père a rendu étanche la séparation. Cependant Dollar est mal dans sa peau, il s’éloigne de son père et cherche ailleurs, ce qui l’entraine vers une Chinoise professeur de chinois car ses racines manquent de consistance et il souhait apprendre sa langue maternelle.
Explications sur le titre : « Ce sont quatre caractères : montagne / cours d'eau / ancien / homme. Quatre caractères qui empruntent à l'ancienne Chine, à sa tradition littéraire, et qui expriment l'espace-temps, en association avec des amis de longue date. Pour schématiser, cela signifie que l'amitié restera toujours, au-delà des montagnes. » interview de Jia Zhang-ke
Filmographie : The world ; Still life ; 
Avis : Sur une banale amitié de trois jeunes amis, la vie construit un triangle amoureux. Longtemps après on fait les comptes et certains se retrouvent ; l’amitié est restée..
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie






dimanche 19 mars 2017

A l’Est d’Eden

Réalisateur Elia Kazan est un réalisateur, metteur en scène de théâtre et écrivain américain d'origine grecque. Né à Constantinople en 1909 dans l'Empire ottoman, fils d'un marchand de tapis grec. En 1911, la famille émigre aux États-Unis. On lui doit beaucoup de films.
Pays : US Année : 1955
Acteurs : James Dean (Cal) ; Raymond Massey (Adam le père) ;Julie Harris (Abra) ; Burl Ives (le shérif) ; Richard Davalos (Aron) ; Jo Van Fleet Kate la mère)
Dir. Photo : Ted D. McCord
Résumé : D’après un roman publié en 1952 de John Steinbeck (1902-1968) Le titre du roman est tiré de la Bible : « Caïn se retira de devant l'Éternel, et séjourna dans le pays de Nôd, à l'est d'Éden. » Steinbeck apporte dans son roman les notions de l’importance de la liberté individuelle, des apparences, des préjugés et la reconnaissance sociale. Elia Kazan l’avance aussi en l’opposant au système social, dont participent les valeurs de la réussite chères aux américains. Il aborde le problème de la religion en tant qu’étouffoir, et celle de l’amour maternel qui ne va pas de soi. La mythologie du bien et mal véhiculée par la religion judéo-chrétienne et portée à son paroxysme par des jugements à courte vue sur les apparences. On retrouve le thème des deux frères, biblique.
Le personnage de Cal joué par James Dean est celui d’un ado en crise, qui se sent persécuté, étouffé. Il sent que son père préfère de loin son frère Aron, plus posé et plus souple, l’inverse de Cal dont les gestes sont maladroits, qui ne sait pas se tenir droit, regarde le monde à travers des yeux de myope. C’est ce personnage qui a fait la réputation de James Dean.
Filmographie : Le Lys de Brooklyn, Le Mur invisible, Un tramway nommé Désir, Sur les quais, À l'est d'Eden, Le Fleuve sauvage, La Fièvre dans le sang, America, America
Avis : Je ne suis pas déçue de ce film qui était déjà « légende » dans ma jeunesse. Le jeu de James Dean est en effet très personnel et donne une dimension aux tracas de l’adolescence.
Note : 10/10 rédigé par Jacquie




dimanche 5 mars 2017

Angel

Quelques moments de bonheur; Nora la masse.
Réalisateur : François Ozon réalisateur scénariste français né en 1967, diplômé de la Femis. C’est avec, Sous le sable et 8 femmes, qu’il est reconnu dans le public. Très actif dans le monde du cinéma il tourne des drames intimistes, mélodrames, comédies, etc. Il s’attache toujours à l’aventure intérieure de ses héros, si possibles décalés ou atypiques. Plus sur Ozon
Pays : UK France Belgique Année : 2007
Acteurs : Romola Garai (Angel Deverell) ; Sam Neill (Théo) ; Lucy Russell (Nora Howe-Nevinson) ; Michael Fassbender (Esmé) ; Charlotte Rampling (Hermione) : Jacqueline Tong (mère Deverell) : Janine Duvitski (tante Lottie)
Dir. Photo : Denis Lenoir
Résumé : Scénario d'après le roman d'Elizabeth Taylor. On est dans le romanesque, une très jeune fille écrit des romans d’adultes… sans pour autant être une lectrice assidue. Elle écrit comme elle respire, donc elle fait fortune rapidement ce qui lui permet de prendre une revanche sur sa vie d’enfant et d’acheter la propriété de ses rêves. Elle reste imbue d’elle-même et décide de se marier avec un jeune homme qu’elle a vu une fois (comme dans ses romans). Rien ne lui résiste et elle y arrive en toute candeur. La guerre arrive et tout est bouleversé, les revers se suivent sans qu’elle se rende compte du changement. Angel est décrite comme une fo-folle, sans culture ni intérêt pour autre chose qu’elle-même et ses rêves (elle est interprétée avec charme par Romola Garai qui « crève l’écran »). Elle ensorcèle les gens qu’elle fréquente trompe son monde et s’aveugle également. Les personnages de Théo et Norma sont intéressants car en dehors de cette illusion agitée.
Les décors et les costumes sont somptueux, les animaux domestiques en profusion sont des balises de l’animalité du personnage, de sa tendresse pour les simples et du luxe superflu.
Souvent sentimental comme les romans écrits par Angel. Mais pourquoi jeter la pierre à ce style ? Il y a des lecteurs et des spectateurs qui aiment ce genre, dit mineur. Certains personnages relèvent d’une autre veine et son vus à travers leur réflexion sur l'héroïne comme Nora, qui aime sincèrement Angel. L’éditeur est plus ambigu, c’est son business et comme le dit son épouse, vous êtes amoureux, il voit sans pouvoir rien faire la chute d’Angel. Sa femme, est beaucoup moins indulgente pour le jeune talent qu’elle méprise. Que dire de l'époux d'Angel, Esmé, homme perdu, peintre insignifiant, mari par dépit. Les films de François Ozon sur ce blog
Filmographie Sous le sable ; Huit femmes ; Potiche ; Dans la maison ; Une nouvelle amie ; 
Avis : Film romantique et romanesque se passe en Angleterre au début du XXe siècle, château et costumes grandioses.
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie




lundi 27 février 2017

Jersey boys


 
Réalisateur : Clint Eastwood  acteur, réalisateur, compositeur et producteur de cinéma américain ; né en 1930. Un monument de cinéma ! Une « légende de l’Ouest » ! Quatre Oscars, cinq Golden Globes, trois Césars et la Palme d'honneur au Festival de Cannes en 2009. Dans filmographie je ne sais pas lesquels mettre …Un énorme article dans wikipedia pour ce géant du cinéma
Pays : USA  Année : 2014
Acteurs : John Lloyd Young (Frankie Valli) ; Erich Bergen (Bob Gaudio) ; Vincent Piazza (Tommy DeVito) ; Michael Lomenda (Nick Massi) ; Christopher Walken (Gyp De Carlo) Mike Doyle (Bob Crewe) : Dir. Photo : Tom Stern
Résumé : d'après la comédie musicale Jersey Boys de Marshall Brickman. Ce film et la comédie racontent la vie d’un groupe pop-rock qui venait du New Jersey. Clint Eastwood nous donne un film musical entremêlé des aventures rocambolesques de 4 jeunes dans le milieu mafieux. On pense être dans un film de gangsters… et finalement nous sommes dans la naissance d’un groupe musical qui est devenu célèbre dans les années 60. Les jeunes sont très motivés pour atteindre le succès et vivre de leur musique, mais sont aussi souvent attiré par l’argent facile, truandé. Ils sont d’ailleurs parrainés par un vieil italien, Gyp, qui les aide et fait la justice entre eux. On note aussi une certaine dérision de l’immigration italienne, au passage. Puis la critique de ces jeunes musiciens, qui atteignent une notoriété, et qui finalement sont encombrés de leur succès, à en disparaitre, et de leur argent qu’ils ne savent pas gérer.
Les Inrocks : « Le film menace parfois de se figer dans le chromo sixties mais y échappe toujours grâce à la vitesse du récit, à la fluidité de la mise en scène et à la brillance des dialogues. Grâce aussi à la prestance des acteurs, inconnus du grand public (excepté l’immense Christopher Walken), qui reprennent tous leur rôle de la version Broadway. » 
Les films d'Eastwood sur ce blog.
Filmographie Pour une poignée de dollars ; Et pour quelques dollars de plus ; Le Bon, la Brute et le Truand ; L'Inspecteur Harry ; L'Homme des Hautes Plaines ; Impitoyable; Mystic River; Million Dollar Baby; Gran Torino ; American Sniper ; Invictus; lettres d'Iwo Jima;
Avis : Ce n’est pas un de ses meilleurs, mais un film bien fait, trop académique selon certains, mais avec des trouvailles. Le côté musical de ce biopic capte notre sensibilité et nous détend par les rebondissements de ces garçons.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie








jeudi 23 février 2017

J’ai tué ma mère

Réalisateur : Xavier Dolan réalisateur, scénariste canadien né en 1989, débute avec ce film qui est sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes et remporte trois prix. C’est surtout Laurence Anyway qui le consacre aux yeux du public.
Pays : Canada Année : 2009
Acteurs : Xavier Dolan (Hubert) ; Anne Dorval (Chantal, la mère)
Dir. Photo : Stéphanie Weber-Biron et Nicolas Canniccioni
Résumé : L’adolescence, c’est déjà difficile pour tous, si on est un garçon élevé par sa mère seule c’est dur (pour elle), le jeune n’a pas de modèle ou bien un anti-modèle masculin. Hubert, en plus, est attiré par les garçons. Sa mère est gentille gaie, attentive à son gamin, mais elle n’a pas beaucoup de gout ni d’éducation. En soi ce n’est pas grave, mais c’est justement ce qui, dans la vie importe le plus pour Hubert. Il aime sa mère mais elle n’est pas celle qu’il voudrait… il la trouve trop vulgaire et aussi qu’elle ne lui laisse pas assez de liberté. Justement elle aussi a des attentes vis-à-vis de son fils… Comme souvent les caractères différents ne se comprennent pas, et passent leur temps en escarmouches. Un jour en classe il rend sa dissertation qui titre j’ai tué ma mère et dit à un professeur ma mère est morte. Pourront-ils se réconcilier ? et considérer que chacun n’est que ce qu’il est, mais qu’un peu de liberté accordé à l’autre est ce qui marche le mieux, et dans les deux sens. Hubert se plaint de ceci ou de cela, mais avec du recul il verra que sa mère lui accorde beaucoup d’importance, et qu’elle l’aime profondément.
« S'il l'assume à l'extérieur, il le cache à la maison. Bref, il préfère « tuer » sa mère, ou l'image qu'il en avait, plutôt que de « tuer » le fils idéal qu'il était pour elle... »Louis Guichard Télérama
Filmographie : J'ai tué ma mère ; Laurence Anyways ; Mommy ; Juste la fin du monde;  Dolan sur ce blog
Avis : Un film biographique de Xavier Dolan, une supplique à sa mère, un adolescent qui cherche sa voie, une mère perplexe.
Note : 9/10 Rédigé par Jacquie




dimanche 19 février 2017

Dikkenek

Tractations commerciales...
Réalisateur : Olivier Van Hoofstadt réalisateur complétement Belge, c’est son premier film, plutôt mal reçu par la critique. 
Pays : Belgique Année : 2006
Acteurs : François Damiens (Claudy) ; Jean-Luc Couchard (JC) ; Dominique Pinon (Stef) ; Marion Cotillard (Nadine) ; Mélanie Laurent (Natacha)
Dir. Photo : Jean-François Hensgens
Résumé : Difficile traduction du titre… dikkenek est en fait intraduisible donnons quelques exemples d'équivalents: "je sais tout et je le dis bien fort", "grande gueule" ne va pas, fort en gueule est plus proche… Mais regardez donc le film avec ces individus, riches ou non, ils ont raison sur tout ! L’histoire qui sert à cette description pittoresque, c’est celle de la vie de braves gens, certes, mais qui peuvent être soulants et plus. JC, un peu voleur, décide de s’occuper de la vie intime de son copain Stef, timide et pas très beau. Claudy est directeur d’un abattoir, il a une bonne situation, mais ! il habite chez Maman et adore aller au Peep Show où il est bien connu, ou faire poser nue des jolies filles. Natacha est élevée par sa tante et mène une vie d’étudiante oisive. Nadia qui vit avec un riche voisin des parents de Natacha, en a assez et fait une fugue chez son amie Natacha pour faire le point…. Vous l’aurez compris tout se boucle et se reboucle au final.
A sa sortie le film est un flop, les critiques l’assassinent. Mais le film progresse avec la sortie du DVD et grâce au bouche à oreilles. Personnellement, je suis à moitié Belge et j’adore leur humour, j’ai beaucoup aimé les répliques, les accents et les trouvailles comiques : le directeur qui appelle sa maman, la commissaire de police, les riches dans leur jardin, le voisin lâché qui achète une poupée gonflable, ... surveillé à la jumelle… la voiture en panne etc.
Bon le scénario aurait gagné à être un peu plus clair… mais pour finir, l’embrouille c’est drôle aussi.
Le site officiel est aussi un exploit : http://www.dikkenek.com/
Site reprenant des phrases cultes : https://fr.wikiquote.org/wiki/Dikkenek
Filmographie : Dikkenek ; Go Fast 
Avis : Pour spectateur aimant rire, c’est drôle sans prétention. Mais si vous connaissez un peu la Belgique et l’humour Belge, c’est super ! Même dans le Making Off je m’amuse de l’accent Bruxellois de celui… qui explique. 
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie




vendredi 17 février 2017

Harmonium

Une après midi de détente à la rivière

Prix du Jury section : Un certain regard Cannes 
Réalisateur : Kōji Fukada Réalisateur, scénariste, producteur japonais né en 1980.
Pays : Japon Année : 2016
Acteurs : Kanji Furutachi (Toshio) ; Mariko Tsutsui (Akié) ; Tadanobu Asano (Yasaka)
Résumé : Le scénario se dévoile petit à petit, rien n’est donné tout doit se découvrir. Une famille non pas banale, mais déjà usée par l’habitude. Plus tard on comprend que le père a un problème de relations avec sa femme… ou avec tous ? L’arrivée d’un revenant… à l’allure de spectre vient animer la vie de ce petit cercle. Les effets paraissent bénéfiques pour tous. Je ne raconterai pas la suite, mais les personnalités changent au contact les uns des autres vers plus de liberté et de parole. Cet épisode se clôt par un accident et on retrouve ce petit monde transformé, 8 ans plus tard en quête du passé et en questionnements. Sur fond plus ou moins religieux le remord est présent chez les trois adultes, l’un l’exprime les autres se taisent. Dans le couple les choses essentielles ne sont pas dites créant ainsi des situations incompréhensibles pour ne pas dire des sacs de nœuds. Il faudra un événement extérieur, un jeune apprenti, pour créer les conditions des aveux, mais à ce point pourront-ils se pardonner ?
Les Inrocks titrent « Harmonium : un éblouissant film d’horreur » c’est peut être exagéré mais la pression psychologique est constamment présente. Des indicateurs tels que la raideur anormale de Yasaka, ses tenues blanches ou les indications colorées de rouge dans d’autres moments martèlent la psychologie maladive, les obsessions, les fautes.
Filmographie Au revoir l'été ; Sayônara ; Harmonium
Avis : Film intéressant, au scénario un rien compliqué, qui développe le sentiment d’échec dans l’échange d’un couple et de celui de la culpabilité. La mise en scène est belle même plus….
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie