dimanche 19 février 2017

Dikkenek

Tractations commerciales...
Réalisateur : Olivier Van Hoofstadt réalisateur complétement Belge, c’est son premier film, plutôt mal reçu par la critique. 
Pays : Belgique Année : 2006
Acteurs : François Damiens (Claudy) ; Jean-Luc Couchard (JC) ; Dominique Pinon (Stef) ; Marion Cotillard (Nadine) ; Mélanie Laurent (Natacha)
Dir. Photo : Jean-François Hensgens
Résumé : Difficile traduction du titre… dikkenek est en fait intraduisible donnons quelques exemples d'équivalents: "je sais tout et je le dis bien fort", "grande gueule" ne va pas, fort en gueule est plus proche… Mais regardez donc le film avec ces individus, riches ou non, ils ont raison sur tout ! L’histoire qui sert à cette description pittoresque, c’est celle de la vie de braves gens, certes, mais qui peuvent être soulants et plus. JC, un peu voleur, décide de s’occuper de la vie intime de son copain Stef, timide et pas très beau. Claudy est directeur d’un abattoir, il a une bonne situation, mais ! il habite chez Maman et adore aller au Peep Show où il est bien connu, ou faire poser nue des jolies filles. Natacha est élevée par sa tante et mène une vie d’étudiante oisive. Nadia qui vit avec un riche voisin des parents de Natacha, en a assez et fait une fugue chez son amie Natacha pour faire le point…. Vous l’aurez compris tout se boucle et se reboucle au final.
A sa sortie le film est un flop, les critiques l’assassinent. Mais le film progresse avec la sortie du DVD et grâce au bouche à oreilles. Personnellement, je suis à moitié Belge et j’adore leur humour, j’ai beaucoup aimé les répliques, les accents et les trouvailles comiques : le directeur qui appelle sa maman, la commissaire de police, les riches dans leur jardin, le voisin lâché qui achète une poupée gonflable, ... surveillé à la jumelle… la voiture en panne etc.
Bon le scénario aurait gagné à être un peu plus clair… mais pour finir, l’embrouille c’est drôle aussi.
Le site officiel est aussi un exploit : http://www.dikkenek.com/
Site reprenant des phrases cultes : https://fr.wikiquote.org/wiki/Dikkenek
Filmographie : Dikkenek ; Go Fast 
Avis : Pour spectateur aimant rire, c’est drôle sans prétention. Mais si vous connaissez un peu la Belgique et l’humour Belge, c’est super ! Même dans le Making Off je m’amuse de l’accent Bruxellois de celui… qui explique. 
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie




vendredi 17 février 2017

Harmonium

Une après midi de détente à la rivière

Prix du Jury section : Un certain regard Cannes 
Réalisateur : Kōji Fukada Réalisateur, scénariste, producteur japonais né en 1980.
Pays : Japon Année : 2016
Acteurs : Kanji Furutachi (Toshio) ; Mariko Tsutsui (Akié) ; Tadanobu Asano (Yasaka)
Résumé : Le scénario se dévoile petit à petit, rien n’est donné tout doit se découvrir. Une famille non pas banale, mais déjà usée par l’habitude. Plus tard on comprend que le père a un problème de relations avec sa femme… ou avec tous ? L’arrivée d’un revenant… à l’allure de spectre vient animer la vie de ce petit cercle. Les effets paraissent bénéfiques pour tous. Je ne raconterai pas la suite, mais les personnalités changent au contact les uns des autres vers plus de liberté et de parole. Cet épisode se clôt par un accident et on retrouve ce petit monde transformé, 8 ans plus tard en quête du passé et en questionnements. Sur fond plus ou moins religieux le remord est présent chez les trois adultes, l’un l’exprime les autres se taisent. Dans le couple les choses essentielles ne sont pas dites créant ainsi des situations incompréhensibles pour ne pas dire des sacs de nœuds. Il faudra un événement extérieur, un jeune apprenti, pour créer les conditions des aveux, mais à ce point pourront-ils se pardonner ?
Les Inrocks titrent « Harmonium : un éblouissant film d’horreur » c’est peut être exagéré mais la pression psychologique est constamment présente. Des indicateurs tels que la raideur anormale de Yasaka, ses tenues blanches ou les indications colorées de rouge dans d’autres moments martèlent la psychologie maladive, les obsessions, les fautes.
Filmographie Au revoir l'été ; Sayônara ; Harmonium
Avis : Film intéressant, au scénario un rien compliqué, qui développe le sentiment d’échec dans l’échange d’un couple et de celui de la culpabilité. La mise en scène est belle même plus….
Note : 8/10 Rédigé par Jacquie




mardi 14 février 2017

Whiplash

 
Attitude de travail musclée...
Réalisateur : Damien Chazelle né en 1985 aux US, de parents français, enfant il s’intéresse et joue de la batterie. Réalisateur et scénariste. Il rencontre le succès à Sundance et Deauville. La la land confirme sa notoriété.
Pays : US Année : 2014
Acteurs : Miles Teller (Andrew) ; J. K. Simmons (Terence Fletcher)
Dir. Photo : Sharone Meir Musique : Justin Hurwitz
Résumé : Le tournage effectué en 19 jours a été possible grâce aux antécédents musicaux des principaux partenaires : Damien lui-même ayant un bon niveau de batteur de Jazz, JK Simmons est un ancien prof de musique et pianiste, enfin Miles était batteur Rocker dans son enfance, de plus il a dû subir un entrainement intense pour le film… Le fil de l’histoire est celle d’un jeune élève de conservatoire (Andrew) qui veut devenir un grand batteur de Jazz. Le professeur, Terence Fletcher, s’intéresse à ses possibilités et va le tirer vers le haut avec une méthode détestable comme on le verra.
Le titre du film Whiplash signifie coup de fouet, pour ceux que ça intrigue, et c’est toute la problématique de l’intrigue. Doit-on être méchant et sadique pour donner l’envie de bien jouer à un jeune élève ?
La tension mise par le réalisateur entre le maitre et l’élève est très puissante et fait glisser le film en nous captivant. L’image aussi bien que la musique sont soignés et renforcent l’intérêt du spectateur. « … maso mais arrogant, Andrew veut finalement autant tuer Fletcher que gagner son approbation. Il (DC) le réussit (le film) grâce à la façon dont son duo électrique, Miles Teller et J. K. Simmons, occupe l’espace comme sur un ring. » Inrocks 
Pour la musique entendue se référer à Wikipedia  et pour mémoire les morceaux qui font tout le film : Whilplash est de Hank Levy un extrait sur Deezer  et Caravan est un standard de Duke Ellington & Juan Tizol, dont le thème est bien connu.
Filmographie : Whiplash ; La La Land
Avis : Un moment de musique inoubliable, une histoire grave dans un conservatoire…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




samedi 11 février 2017

Blood Simple Sang pour sang

Titre français : Sang pour sang
Épisode surréaliste...
Edition : Restauré et final cut
Sundance Grand Jury Prize: 1985 
Réalisateur : Joel (né en 1954) et Ethan (né en 1957) Coen écrivent réalisent et produisent leurs films à deux, même s’ils ne sont pas crédités ensemble dans tous les films avant 2004. Leur production importante de bons films recueille de nombreux oscars et une Palme d’or. Détails
Pays : US Année : 1985
Acteurs : John Getz (Ray) ; Frances McDormand (Abby) ; Dan Hedaya (Julian Marty) ; Emmet Walsh (le détective)
Dir. Photo : Barry Sonnenfeld
Résumé : Ce film paru en France avec le titre « Sang pour sang » a été restauré et a bénéficié d’un « director’s cut » de quelques minutes. Il est donc disponible en DVD avec une qualité honorable. Ce thriller, est écrit avec la maestria des frères Coen, mise en scène amusante, pleine d’humour mais pas au point de Fargo. Les personnages sont plutôt des « loosers » ici des gens du peuple du Texas avec leurs difficultés quotidiennes, ils ne sont pas des pro du crime… et sont là par hasard, mais pas complètement innocents, ce qui donne du charme au film. Tout fini dans le sang quand même. On peut noter dans la progression des évènements un rythme à la Hitchcok, et des petits clins d’œil au grand réalisateur.
Voir l’analyse de L’œil sur l’écran : « Les Frères Coen ont saturé l’ensemble d’un humour noir et les personnages du patron de boîte (Dan Hedaya) et surtout du détective privé (Emmet Walsh) en sont les moteurs. »
Sur la comparaison à Psychose voir A voir à lire.
Filmographie : Barton Fink ; Fargo ; The Big Lebowski ; O'Brother ; No Country for Old Men ; Burn After Reading ;A Serious Man ;True Grit ; Inside Llewyn Davis 
Avis : J’ai beaucoup apprécié ce premier film des frères Coen. Il fait partie des très bons dont on se lasse pas. Il n’est pas trop sanglant, mais l’épouvante y est…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie






mercredi 8 février 2017

Ma vie de courgette

Deux polissons












Réalisateur : Claude Barras est un réalisateur de film d'animation suisse. Né en 1973, ancien élève de l’école Émile-Cohl. Jusqu’ici des films courts, recevant de nombreuses récompenses. Wikipedia
Pays : Suisse France Année : 2016
Animation : Kim Keukeleire; Scénario : Céline Sciamma
Dir. Photo : David Toutevoix
Résumé : Bâti à partir du roman "Autobiographie d'une courgette" de Gilles Paris. A l’aide de petites poupées animées les enfants spectateurs verront quelques autres enfants cassés par la vie qui ont plus ou moins de mal à se remettre de situations familiales dramatiques. Pour une fois l’orphelinat n’est pas une prison à fuir, mais un lieu où on peut trouver attention et amour. Les enfants découvrent qu’un lien fort les unis entre eux. A chacune de ses petites défaillances, la générosité de la communauté l’emporte. Pas de scènes pleurnichardes, rien que la réalité, simplement en face.
Les autres les adultes : la vision proposée est aussi la générosité, même à l’orphelinat pas de pression répressive.
L’attention portée sur un « flic » est intéressante car à l’inverse de ce que clame le milieu dont sont issus ces enfants. Les enfants grandissent et on propose également un regard sur l’amour.
Technique : Le film utilise la technique de l'animation en volume qui consiste à filmer image par image des statuettes que l'on déplace….
Cette animation change des animations commerciales idéales ou larmoyantes, un vrai bol d'air dans cet univers.
On peut espérer que ce réalisateur continuera ses animations pour notre régal. Wikipedia
Filmographie films courts d’animation.
Avis : Très bon sujet pour les enfants qui se posent des questions sur la vie, les autres. Pour les enfants et toute la famille !
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie




lundi 6 février 2017

Lola

Réalisateur : Jacques Demy (1931-1990) Réalisateur, scénariste, acteur etc proche de « la nouvelle vague ». Lola est son premier film en 1961. En 1964 il connaît son premier grand succès public avec Les parapluies de Cherbourg, Palme d'or au Festival de Cannes. C’est dans la comédie musicale qu’il trouve sa voie, mais elle est étroite ! Cinémathèque   Wikipedia
Pays : France Italie Année : 1961
Acteurs : Anouk Aimée (Lola) ; Marc Michel (Roland) ; Alan Scott (Frankie) ; Elina Labourdette (madame Desnoyers) Dir. Photo : Raoul Coutard
Résumé : Ce film devait être une comédie musicale, mais faute d’argent, Demy l’a ré écrit plus sobrement. Lola est, néanmoins, le premier long métrage de Jacques Demy, tourné en 1961 et restauré en 2000 (et commercialisé par Arte Editions). Ce film que j’ai vu avec bonheur grâce au DVD, est empli de poésie, de rêveries, de musique aussi ; Michel Legrand s’est chargé de la bande son. D’emblée on est « ailleurs », la localisation bien française et les gens bien polis n’ont pas l’air d’exister en vrai, il y a une légèreté générale augmentée par la caméra noir et blanc de Raoul Coutard. Dans l’univers de cette ville, tout est blanc, saturé en lumière, les personnages sont très sobres et se découpent en noirs contrastés. Les décors sont souvent dénudés et les plans choisi là où il n’y a rien d’autre (ex. les plans dans le café). Ce qui donne une impression de rêve, sauf ce qui touche à Lola. L’entrée du film en voiture américaine décapotable, un cowboy vêtu de blanc, si ce n’était pas le petit saut sur le siège on croirait un riche américain (ou un gangster), d’autant qu’une bordée de marines US passe devant la caméra. L’art de Démy est de suggérer ou dérouter par des touches qui n’ont l’air de rien (je veux dire n’ont pas de raison d’être), trahissant soit le futur de l’aventure comme dans un conte, soit une voie de garage. On s’attend toujours à quelque chose qui finalement ne se fait pas. Les suites de coïncidences sont oniriques, les petits souvenirs peuplent les moments de rêverie. Finalement, après toutes ces relations romanesques entre divers personnages, l’improbable arrive !
Filmographie Lola ; La Baie des Anges ; Les Parapluies de Cherbourg ; Les Demoiselles de Rochefort ; Model Shop ; Peau d'Âne ; Une chambre en ville.
Avis : Hymne à la fidélité et au romantisme, noir et blanc poétique. Film culte restauré.
Note : 10/10 par Jacquie








jeudi 2 février 2017

The Danish Girl


Réalisateur : Tom Hooper, réalisateur british, né en 1972. Il est connu au cinéma depuis le fameux Discours d’un Roi, récompensé par 4 trophées. 
Pays : US UK Allemagne Année : 2015
Acteurs : Eddie Redmayne (Einar Wegener et Lili) ; Alicia Vikander (Gerda Wegener) ; Matthias Schoenaerts (Hans)
Dir. Photo : Danny Cohen
Résumé : Scénario d’après une histoire vraie. Tournage avec l’aide, aussi, d’un roman paru sur le sujet en 2000 de David Ebershoff. Il faut savoir aussi, que de nombreux réalisateurs et comédiens ont refusé ce travail. Voir Wikipedia qui donne beaucoup d’éléments sur le tournage. 
Le film met en scène un (une artiste) qui n’étant pas du tout à l’aise dans son sexe apparent, qui découvre une autre dimension de la vie en se déguisant en femme. Il s’agit d’un des cas particuliers de « sexe apparent », en l’occurrence les gonades, qui déterminent la vie d’une entité; alors que le sexe apparent est loin de faire la totalité de l’être. Ces erreurs de la nature ( ?) ne sont pas très courantes et sont mieux étudiées actuellement. Dans les années 70 on étudiait en médecine les syndromes de Turner et Klinfelter qui sont dus à des erreurs dans la reproduction des chromosomes X et Y. Maintenant, on admet le mal être de personnes qui ne sentent pas bien dans le sexe assigné à la naissance. Ces personnes sont en grande souffrance et toujours rejetés par la société ; des théoriciens s’affrontent sans solution, l’identité administrative étant le premier écueil. Voir en complément : Wikipedia  encore et Légifrance
Le film tout en demies-teintes évoque le début bohème d’un couple de deux artistes, puis à l’occasion d’un déguisement le trouble s’installe chez Einar. Ce trouble réveille une tendance féminine importante chez lui qui va s’épanouir et mener la quête de l’artiste vers le changement de sexe comme seul objectif.
Le sujet est abordé au fur et à mesure avec beaucoup de délicatesse, à la souffrance d’Einar s’ajoute celle d’Alicia qui comprend son mari et l’aime tel qu’il est (c’est courageux).
Les deux acteurs sont très performants pour faire sentir les sentiments qui s’emparent du couple et le maintiennent en équilibre malgré tout. C’est donc une très belle histoire d’amour en plus du rappel du premier cas de changement de sexe chirurgical et des difficultés alors rencontrées, mais qui persistent jusqu'à nos jours.
Filmographie : Discours d’un roi ; Les misérables ; The Danish girl.  
Avis : Un film très pudique, qui pose le problème du genre et des idées reçues…
Note : 10/10 Rédigé par Jacquie